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Barack Obama veut relancer l'économie américaine grace aux nouvelles énergies

Barack Barack Obama, comme il l'avait annoncé, veut relancer l'économie américaine grace aux énergies nouvelles. Ainsi, le Président envisage de doubler la production d’énergies nouvelles en l’espace de 3 ans, d’améliorer l’efficacité énergétique de « 2 millions de logements de foyers américains » et de moderniser « plus de 75% des immeubles du gouvernement ». Cette politique contraste fortement avec celle de son prédessesseur, qui avait refusé de lancer son pays sur la voie des économies d'énergie, préférant le "tout pétrole". Barack Obama entend faire « économiser des milliards de dollars aux consommateurs et aux contribuables ». Enfin, il souhaite établir une nouvelle grille « intelligente » du réseau électrique pour empêcher les coupures de courant et fournir de nouveaux modes d’énergie aux ménages et aux entreprises, indique l’AFP.
La relance s’inscrira, en outre, dans une politique de grands travaux. Ainsi, des « dizaines de milliers » d’écoles, collèges et universités publiques devraient être modernisées. Tandis que la rénovation des routes, ponts et autres infrastructures « en mauvais état » est prévue au programme. Ceci devrait contribuer à sauver des millions d'emplois et à créer de nouvelles industries innovantes dans le secteur des nouvelles énergies.

Bernard Corneau

Le développement durable, une voie de retour à la croissance ?

Eole Investir dans le développement durable est une voie de retour à la croissance. Différents mécanismes sont envisageables. Par exemple, rendre les normes d’isolation de l’habitat ou des immeubles de bureaux plus sévères. Cela aurait pour effet d’obliger chacun à investir pour se doter des équipements et matériaux d’isolation nécessaires. Les besoins sont immenses. Un tel chantier permettrait de donner un coup de fouet à nos entreprises du bâtiment et à leurs fournisseurs (Saint Gobain, Vinci…). Autre exemple, continuer à rendre les normes de pollution du secteur transport encore plus strictes. Cela a un effet d’entrainement sur les innovations technologiques sur les moteurs actuels, sur des moteurs électriques, sur des bio carburants moins polluants. Nos industries doivent rester en pointe sur ses secteurs, à l’instar de l’Allemagne qui s’est dotée d’une véritable force de frappe dans le secteur éolien, solaire, grâce à des réglementations et des incitations fiscales judicieuses.

Le plus grand danger qui menace l’investissement dans les énergies renouvelables et le développement durable est paradoxalement le faible cout actuel de l’énergie. Avec un pétrole à 40 ou 45$ le baril, qui a intérêt à investir dans ce secteur ? Il faut donc avoir le courage d’être contra-cyclique et de persévérer, malgré le faible prix actuel de l’énergie. C’est à ce prix que nous éviterons de revoir le pétrole à 150$ du fait d’une surchauffe économique dans quelques années.

C’est le rôle de nos gouvernants d’anticiper en continuant à promouvoir une approche volontaire du développement durable, pour aider à la croissance économique, et éviter une prochaine crise de l’énergie.

 

Bernard Corneau

Neosolia: pour équiper sa maison en tout solaire

J'ai rencontré Nicolas Brousse, le jeune créateur de Neosolia, par l'intermédiaire de DDIDF le club de Business Angels qui s'est focalisé sur les jeunes start up du secteur développement durable, énergies renouvelables et "cleantech" en général. Cette jeune société installe des panneaux solaires intégrés dans les toits des maisons existantes avec une technique très performante.

Il faut les aider!

Bernard Corneau

Comment Arkadin met en oeuvre le développement durable au quotidien

Climat La jeune société Arkadin, spécialiste de la téléconférence pour les grandes entreprises, a trouvé une manière originale de mettre en oeuvre le dévelopement durable dans son activité quotidienne. Elle propose ainsi à ses clients de bloquer une journée, pendant laquelle personne ne voyagera, et tout le monde se téléphonera, en téléconférence. Les économies en carbone sont évidentes. Le surplus de chiffre d'affaires généré par Arkadin est reversé directement à WWF. Cette journée a été baptisée Climate Day Care, et toute entreprise peut le mettre en place. Pour en savoir plus...

Bernard Corneau

Réconcilier la Bourse et les entrepreneurs

Images Bernard Corneau et la baisse des cours de bourse des sociétés midcap, Article paru dans Les Echos le 9 juin 2008

Un entrepreneur nous disait récemment : « je ne regarde même plus mon cours de bourse ». Il est vrai que certaines sociétés, en particulier celle qu’on appelle les « mid-caps » ou capitalisations moyennes ont dernièrement vu leur cours de bourse plonger de -25 à -40%. Pour autant, aucune annonce de baisse de résultats ne parait justifier une telle chute. Parfois même au contraire les résultats annoncés sont conformes voir au-dessus des anticipations.

Il me semble essentiel pour nous banquiers de bien expliquer le comportement des marchés afin d’éviter qu’apparaisse un fossé entre les entreprises et la bourse. Les variations de cours de Bourse auxquelles on assiste donnent le vertige. Cette volatilité extraordinaire ne semble reposer sur aucune cause rationnelle. La Bourse est nerveuse, obnubilée par le court terme. Est elle véritablement un arbitre entre les entrepreneurs et les apporteurs de capitaux ? Et comment restaurer le lien fort entre les entrepreneurs et la bourse ?

Volatilité

Interrogeons-nous tout d’abord sur l’origine de la volatilité. Le marché de l’argent ne connait plus de frontières. Acheter et vendre sur les marchés est devenu simple, peu cher, instantané. Une bonne partie des milliards qui s’investissent en bourse dans le monde vient de l’argent des ménages américains ou européens qui épargnent pour leur retraite. Ils confient leur argent aux fameux fonds de pension. Qu’attendent ces ménages de leurs gérants de fonds ? De quoi faire fructifier leurs économies au maximum pour avoir une retraite décente. L’enjeu est d’autant plus vital qu’ils n’ont pas la couverture sociale des français. Les fonds de pension ont élargi leur horizon d’investissement et diversifié leurs actifs : ils sont présents dans le monde entier. Nouveaux venus dans le monde de la bourse, les fonds souverains sont récemment devenus des acteurs de poids. Leur taille (€2 000 milliards, soit le PIB de la France) alimente tous les fantasmes. Leur capital provient des revenus du pétrole (Norvège, pays du Golfe), ou des excédents commerciaux accumulés (Chine). Ils investissaient traditionnellement dans des titres d’état sans risque. Ils interviennent maintenant sur les marchés boursiers du monde entier, à la recherche d’opportunités de rendement élevés.

Autre acteur majeur des marchés, les « Hedge funds ». Comment fonctionnent-ils ? Il s’agit de fonds, détenus par de grands investisseurs institutionnels. Les équipes dirigeantes de ces « hedge funds » choisissent ensuite un style de gestion et cherchent à exploiter toutes les opportunités de marché. Par exemple, elles identifient des actions sur évaluées et elles les vendent à terme. Et achètent des actions sous évaluées. Elles recourent massivement à l’endettement pour financer leurs acquisitions. Leur marge de manœuvre est immense avec un cumul d’actifs sous gestion à fin 2007 de €1 200 milliards dans le monde, que l’on peut multiplier par trois ou quatre avec l’endettement et l’effet de levier.

Sous l’influence d’informations diverses qui agitent régulièrement le « village planétaire », ces grands investisseurs déclenchent épisodiquement des « raz de marée » boursiers.

En France, depuis quelques années, la nature de l’actionnariat des sociétés cotées à changé. Les investisseurs étrangers détiennent entre 30 et 50% de la capitalisation française. On peut s’en féliciter, souligner l’effort remarquable d’ouverture de la Bourse et le coté attrayant de nos entreprises…En contrepartie, nous avons importé la volatilité et le mode de raisonnement des Anglo-Saxons. Nous ne maitrisons plus notre marché boursier. Le pouvoir actionnarial a basculé entre des mains anonymes qui s’érigent en juge suprême de la stratégie et de la valeur des entreprises. Les dirigeants peuvent se sentir manipulés et incompris : leurs décisions engagent l’avenir de l’entreprise à trois ou cinq ans ; ils se trouvent face à des actionnaires qui leur semblent raisonner uniquement à court terme, de manière déconnectée de la valeur intrinsèque de l’entreprise.

Pour un financier, des variations de 30% sont gérables, et même une source d’enrichissement. En revanche, l’onde boursière est démultipliée quand elle arrive au niveau de l’entreprise et peut déclencher des OPA, le « débarquement » brutal du management, etc. Bref une remise en cause radicale de l’entreprise.

Examinons la manière optimale d’utiliser la Bourse pour les entreprises. En période de bonne tenue boursière, la Bourse joue parfaitement son rôle de pompe à finance pour les entreprises. Alternext a accueilli plus de 60 sociétés en 2006 récoltant 523 M€. Malgré un 1er semestre très prometteur, le cru 2007 s'achève en repli avec seulement 41 entrées sur le marché pour 450 M€ levés. Les investisseurs avaient des liquidités disponibles, de l’appétit pour des valeurs, même de petite taille, et regardaient avec intérêt des business plan ambitieux. Les entreprises qui ont pu lever des capitaux pendant cette période sont aujourd’hui riches de cash et prêtes à saisir des opportunités. Depuis fin 2007, et pour une durée encore indéterminée, les marchés actions se sont affolés. Des investisseurs ont retiré leurs capitaux, entrainant des baisses exagérées sans rapport avec  la solidité des entreprises. Les entrepreneurs ne peuvent plus se tourner vers les marchés financiers pour lever de nouveaux capitaux. En revanche, c’est le moment idéal pour racheter des concurrents affaiblis. Prenant exemple de JP Morgan Chase rachetant à prix cassé Bear Stearns, les entrepreneurs devraient multiplier ce type d’opération opportuniste. C’est aussi le moment de racheter sa propre entreprise : puisque chacun est persuadé que la Bourse est injuste, renforcer sa participation dans sa propre entreprise est probablement le meilleur placement possible en ce moment.

Prise de conscience.

Chaque crise financière, 1998, 2001, 2007, nous le rappelle inlassablement. Le pouvoir financier n’est plus à Paris, notre place est secondaire par rapport aux grands marchés mondiaux, et souffre plus en période de crise que les marchés anglo-saxons: elle plonge plus profondément   et rebondit moins vite, tel un navire trop lesté. Pour limiter des effets,  les entreprises et l’ensemble des décideurs doivent continuer à militer pour la création de fonds de pension en France qui stabiliserait les marchés, et pour qu’une forte portion de l’épargne s’oriente vers les marchés actions. Nos « politiques » doivent agir rapidement dans la perspective d’une mise à niveau des marchés financiers entre l’Europe et le reste du monde.

 

Bernard Corneau Directeur Banque Privée Credit Suisse dans Les Echos du 9 juin 2008

Téléchargement Réconcilier la Bourse et les entrepreneurs

La renaissance du capitalisme familial.

Bernard Corneau et le renouveau du capitalisme familial (article paru dans Les Echos du 04/03/2008

Haribobild En ces temps d’incertitude des marchés financiers, chacun s’interroge sur la solidité et les performances des grandes sociétés cotées. On parle beaucoup des fonds souverains, ces nouveaux capitalistes issus des pays riches en matières premières. Une autre évolution est en marche. En effet, pas un jour ne passe sans que l’un des nouveaux « tycoons » qui se sont forgé un empire familial à coup de dizaines de milliards ne fasse la Une des media : Lakshmi Mital, Carlos Slim, Ratan Tata, Li ka-Shing, Oleg Deripaska...eux aussi issus de pays en phase d’enrichissement rapide. Sommes-nous en train d’assister au retour en force du capitalisme familial ? Rappelons que les entreprises familiales sont à l’origine du capitalisme et qu’au début du siècle dernier, 50% des plus grandes entreprises cotées à New York étaient sous contrôle familial. Puis ce pourcentage n’a pas arrêté de décliner pour arriver à 20% dans les années 1980. L’ère du capitalisme anonyme et des sociétés détenues par des petits porteurs et des fonds de pension avait pris le relais. Aujourd’hui on assiste à un regain du capitalisme familial. On peut s’interroger sur les causes de cette renaissance, et sur son impact sur la performance des entreprises.

Cette renaissance est due à une triple rupture :
En premier lieu,  la rupture issue de l’innovation a facilité la création de sociétés dans les nouvelles technologies de l’information. Jamais dans l’histoire on n’avait assisté à une telle éclosion de jeunes pousses, et à une telle rapidité de création de valeur.
Par ailleurs, la rupture due aux managers devenant patrons de leur société via la technique des « LBO », a amplifié la tendance. Grâce à un changement des mains dirigeantes, la gestion des entreprises a gagné en  performance et profitabilité.
Enfin nous connaissons une rupture générationnelle, avec l’arrivée aux commandes d’héritiers jeunes et bien formés qui souhaitent avidement faire leurs preuves à la tête d’entreprises familiales. Remarquons en parallèle la relative désaffection des cadres pour les cursus dorés offerts par les multinationales. Les multiples restructurations et changement de stratégie on conduit à en relativiser l’attrait. Quitte à prendre des risques autant les prendre pour son propre compte et créer infiniment plus de valeur que dans n’importe quel poste de salarié.

Quel est l’impact de ce « revival » sur la performance des entreprises ? Les équipes de recherche de  Credit Suisse Private Banking à Zurich ont  mené l’enquête, et conjointement à l’Insead, ont examiné de manière scientifique un échantillon d’entreprises sous forte influence familiale, en le comparant à un échantillon d’entreprises anonymes d’une valeur supérieure à 1 milliard de $. Le constat est sans appel : les entreprises familiales surclassent les autres dans tous les secteurs d’activité. Selon l’étude, trois facteurs concourent à cette meilleure performance : un management axé sur le long terme, une meilleure adéquation entre les intérêts de la direction et ceux des actionnaires, et une concentration  sur les métiers de base.

L’orientation sur le long terme est illustrée par l’exemple de Toyota, entreprise familiale, qui a su miser dès la fin des années 1980 sur la technologie des moteurs hybrides, même si la première voiture hybride, la Prius, n’a été lancée qu’en 1997. Toyota a ainsi pris une avance considérable sur l’ensemble de ses concurrents tel GM, entreprise qui n’a pas eu la possibilité de faire ces choix.

Dans une entreprise familiale, le management de la société est surveillé de près, parce que chaque décision, bonne ou mauvaise, se traduit directement dans l’enrichissement ou l’appauvrissement de la famille. Contrairement aux entreprises dominées par le management, où les objectifs sont dilués et les prises de décisions éclatées en plusieurs pôles de pouvoir.

La focalisation sur le métier de base peut être illustrée par de nombreux exemples. Daimler Benz a appliqué dans les années 1990 une stratégie de diversification dans le secteur de l’aéronautique et de la défense, puis dans le milieu de gamme automobile, alors que la famille Quandt, actionnaire de BMW, s’est opposée à une diversification. La performance des entreprises focalisées est sans comparaison avec les autres.

Une autre caractéristique des entreprises familiales est qu’elles sont plus jeunes, plus petites et plus rentables. La jeunesse s’explique par le renouvellement de ces entreprises. Pour la plus petite taille, cela peut s’expliquer par une volonté de rester concentré sur peu de métiers. Quant à la rentabilité, une explication provient des salaires moyens plus bas versés par les entreprises familiales, en contrepartie d’une forte valorisation du travail et de la loyauté. La forte personnalité des « tycoons » est aussi un facteur de fidélisation.

Il existe une forte similitude entre le mode de gestion des entreprises par des actionnaires personnes physiques et par des gérants de fonds de capital privé : ceux-ci appliquent la même stratégie de recentrage sur le cœur de métier, se concentrent sur le long terme, à l’abri du regard à court terme des marchés boursiers, et contrôlent de près l’application de la stratégie. Le management dirige l’entreprise comme s’il s’agissait de la sienne dans une démarche d’excellence où tous vont dans le même sens.

Le capitalisme a connu trois phases dans son histoire récente : une première phase de 1950 à 1980 a conduit à la conquête d’avantages pour les salariés des grandes sociétés. Une deuxième phase de 1980 à 2000 a favorisé les actionnaires, qui se sont octroyés une grande part de la création de valeur. Nous entrons dans une nouvelle période  marquée par le retour des entrepreneurs, grands ou petits. Ce type de capitalisme revenu aux entrepreneurs humanise et vivifie l’espoir d’une nouvelle économie d’entreprise et de création de richesse à long terme. L’entreprise familiale est aussi une ouverture sur la passion, l’engagement, sur le fait de se serrer les coudes, et de faire des choix à long terme qui impliquent la politique de l’entreprise et le maintien de ses forces vives.

Bernard Corneau, Directeur Banque Privée du Credit Suisse, dans les Echos du 4 mars 2008

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Le Blog cinquième pouvoir, celui de l’opinion ?

Le blog ou le pouvoir de l'opinion par Bernard CorneauRumeur Paru dans LesEchos  le 05/07/09 On a beaucoup parlé de démocratie participative et de l’irruption du media Internet durant la campagne présidentielle. En effet, c’est la première fois dans l’histoire politique française qu’Internet a été utilisé massivement par les deux camps comme outil de communication, d’influence, et de remontée d’opinions. Dans ce contexte révolutionnaire, le Blog a pris une place prépondérante. Nous avons voulu savoir pourquoi le Blog a connu un tel succès, et s’il était un nouveau media au service de la démocratie moderne, véritable « cinquième pouvoir ».

D’abord un mot d’histoire. Le Blog a démarré avec les « pages persos ». C’était un moyen simple pour chacun de se construire un petit site, de mettre ses textes, ses photos. Puis est venu le Blog et ce fut l’explosion. Le Blog, c’est comme un journal intime, celui des jeunes filles du siècle dernier. Sauf que le Blog n’a plus rien de secret. Au contraire, son succès vient de son goût pour le voyeurisme. Tout le monde peut lire les notes, voir les photos…du journal « intime », et faire des commentaires ! Chacun est libre de s’exprimer, gratuitement, et de donner son avis, avec une chance d’être lu par un internaute. Le Blog a des millions d’adeptes qui l’alimentent tous les jours.
Selon le dernier pointage réalisé (source : Technorati) avec 3,2 millions de Blogs crées par des français, nous sommes les plus accros aux blogs devant les Britanniques, les allemands, et bien plus même que les américains. Grands sportifs, vedettes, hommes politiques (Zidane, Obispo, Sarkozy, Strauss Khan, Fillon…) s’y sont mis et communiquent ainsi directement avec leurs fans. Plus de 7 millions d’internautes français consultent un blog chaque mois.

Pourquoi un tel succès ? Tout d’abord , l’espoir de devenir célèbre, pour ceux qui ne le sont pas déjà.  Ainsi « Max », un blogueur anonyme a défrayé la chronique pour avoir réussi à se faire offrir un contrat d’édition. Mais ce succès reste l’exception. Puis l’espoir de gagner de l’argent. En effet, plus le nombre de visiteurs est élevé, plus les recettes publicitaires potentielles le sont aussi. Également le souhait de partager la connaissance. N’oublions pas l’esprit d’origine de l’Internet : le partage gratuit entre Experts. Cet esprit perdure sur les blogs : des experts de tous secteurs font partager leur savoir à des milliers d’autres Internautes, sans rien demander en échange. Mentionnons dans le même esprit la célèbre encyclopédie Wikipedia, alimentée exclusivement par des Internautes, spontanément, et avec pour seuls censeurs, les Internautes eux-mêmes qui s’assurent que chaque article est écrit dans le respect de la « vérité ». L’alchimie entre contribution et auto-censure est subtile mais le résultat est probant.
Pour continuer sur les raisons de l’engouement pour les blogs, notons la proximité qu’il établit : le blog permet un dialogue entre par exemple un homme politique et des électeurs, où l’on peut tester en « live » des réactions à des propositions. Une vedette peut s’adresser en direct à ses fans et leur donner le sentiment de dialoguer avec eux. Ne nous faisons pas trop d’illusions : à partir d’un certain volume de questions et de réponses, ce sont des assistants ou des journalistes spécialisés qui prennent le relais des célébrités pour alimenter l’échange écrit.
Le blog permet également une complicité dans l’anonymat : si l’auteur vedette se dévoile, rien n’oblige les commentateurs à s’identifier : un simple pseudo suffit. On voit ainsi fleurir, à côté de commentaires pertinents, des textes injurieux…c’est la rançon du succès et l’inconvénient de l’anonymat.
Rien de mieux que le blog pour trouver …d’autres blogeurs intéressés par le même sujet. Ainsi sur Myspace aux Etats Unis, vous trouvez des milliers de communautés sur des sujets aussi variés que l’élevage des chats siamois ou la culture des roses anciennes. Et si vous voulez rencontrer la personne qui partage votre passion, c’est possible! On peut ainsi basculer du virtuel au physique et re-créer du lien social à partir d’Internet.

Le blog est égalitaire : sur le blog, pas de distinction sociale, pas de titres, pas de distance crées par l’éducation, la manière de s’exprimer. Pour les Français qui détestent toute forme de supériorité, c’est le media démocratique par excellence. C’est une révolution où les masses s’accaparent le pouvoir d’écrire et d’exprimer leur opinion sans filtre.
Je suis persuadé qu’une nouvelle expression de la démocratie est en train de naître et que nos politiques et nos responsables vont en tenir compte de plus en plus. Lorsqu’une opinion ou un commentaire circule sur les blogs, c’est plus qu’un sondage, ce sont des millions de personnes qui s’expriment. Une preuve en est donnée par la réaction de tous les régimes non démocratiques face aux blogs : l’interdiction ou la censure ! citons la Chine qui surveille avec un soin maniaque ce qui circule dans les blogs et qui prend garde de supprimer toute critique du régime.

A contrario les blogs peuvent être un appui pour les régimes autocratiques : en effet, quoi de plus facile que de les utiliser pour faire circuler une fausse information, bref pour intoxiquer ? Au siècle dernier, des dictateurs ont su utiliser des media tels la radio, les journaux ou la télévision pour manipuler massivement des foules naïves. Serait-ce là encore le véhicule parfait de la désinformation ? Il me semble que oui en théorie, mais en pratique c’est beaucoup plus difficile car l’information ne vient pas d’une source unique : elle est protéiforme, synaptique, elle bourgeonne à des milliers d’endroits différents et spontanément. Elle ne circule pas de haut en bas, elle est neuronale. Donc beaucoup plus difficile à contrôler : au contraire, je crois que Blog est le garant de plus d’indépendance des medias, et une force démocratique hyper puissante, facteur de renouveau et d’un intérêt accru pour la politique. C’est bien potentiellement le signe de l’émergence d’un vrai cinquième pouvoir.

Bernard Corneau, dans Les Echos du 05/07/09

François Bayrou: quelle position sur le développement durable?

Lepage Au fur et à mesure que le candidat François Bayrou monte dans les sondages pré présidentiels, il est bon de s’intéresser à son programme. En matière de développement durable et d’environnement, Corinne Lepage lui apporte un soutien actif. Que propose-t-elle ?
« Répartir, en 5 ans, les fonds consacrés à la recherche dans le domaine de l’énergie en consacrant 50 % au nucléaire et 50 % aux ENR »
Elle propose de prendre une part du budget alloué au nucléaire pour le consacrer aux énergies renouvelables. Elle explique que la France, en refusant d’investir dans les énergies renouvelables, risque de prendre du retard par rapport à ses voisins européens qui développent un savoir-faire technologique irremplaçable. Son argument est recevable : l’Etat peut orienter vers des choix énergétiques qui favorisent la recherche et développement, et favoriser ainsi la création de valeur par l’innovation.
La réponse que l’on peut faire à Corinne Lepage, c’est qu’il faut probablement faire les deux : continuer à investir pour garder le leadership dans le nucléaire, et investir dans les énergies du futur, à l’instar d’AREVA qui tente de racheter Repower, fabricant d’éoliennes basé à Hambourg.

Certains sont vraiment anti-éoliennes: voir le site "Vent de colère", et sont persuadés que les éoliennes ne sont pas une solution pour la France! A suivre...

La politique s'empare du développement durable pour en faire un thème de campagne

Arbre Notre candidate Ségolène Royal propose de nommer un Vice premier Ministre en charge du développement durable, si elle est élue Présidente. A quoi peut ressembler cet animal bizarre, dont la création est poussée par Nicolas Hulot, le non-candidat à l’élection qui essaye de peser sur les candidats en course ?
Il y aura donc un Premier Ministre, en charge du gouvernement, et un vice-premier Ministre à ses cotés. On peut supposer qu’il sera doté d’un staff d’une cinquantaine de personnes, et d’un budget de quelques dizaines de millions d’euros. Que pourra-t-il faire ? Influer sur les décisions des ministres, afin de les conduire à intégrer le développement durable dans leurs projets de loi ou dans leur Ministère. Cela paraît une tache difficile : chaque ministre est un baron dans son domaine et rejette les interventions extérieures, sauf si elles viennent de Bercy qui tient les cordons de la bourse.
Je pense que ce VPM va vite se concentrer sur des actions de communication externe afin de sensibiliser l’opinion, faire du lobbying auprès des instances internationales, participer à des congrès…bref servir de super VRP du développement durable. Certains comme Econologie.com sont très sceptiques sur le succès d'une telle démarche.
Ma conviction est que la réussite d’une démarche développement durable passe par une motivation directe des ministres, dans leur domaine, sous forme d’objectifs quantifiés à atteindre, sous le contrôle d’une autorité extérieure. Sinon, nous en resterons au stade du gadget luxueux et coûteux pour le contribuable. C’est une des spécialités de nos femmes et hommes politiques.

Bernard Corneau

Internet participe au développement durable

Musique A l’heure où les plus grands experts se penchent sur le réchauffement de la planète (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat, réuni à Paris le 4 février) on ne souligne pas assez le rôle positif que jouent Internet et les nouvelles technologies en matière de développement durable.

Prenons l’exemple de l’industrie de la musique, qui connaît une baisse sans précédent de la vente de disque, au profit du téléchargement en ligne, qui représente jusqu’à 40% pour certains auteurs. Acheter un disque est beaucoup plus consommateur de ressources et d’énergie que télécharger un fichier musical sur Internet ! Le disque est fabriqué en plastique, sa pochette est en papier imprimé, sa distribution nécessite une infrastructure de transports (containers depuis le pays de fabrication, camions pour la mise en magasins…), puis le consommateur doit se rendre dans un magasin (coût de transport)…si on fait un calcul économique complet, le total des ressources utilisées doit être largement supérieur au coût énergétique d’un simple clic de téléchargement. Même à Davos on y a pas pensé!

On pourrait multiplier les exemples : pour tous les produits dématérialisés (musique, logiciels à télécharger, voyages à réserver, abonnements en ligne…), l’équation des ressources utilisées est en faveur de l’Internet. Sans doute un jour devrons nous aussi réduire nos déplacements en voiture pour faire nos courses physiques, et à ce moment là, une livraison à domicile après une commande sur Internet sera – t- elle aussi plus efficace au plan du développement durable.

Dans le débat politique actuel, le rôle des nouvelles technologies en matière de développement durable est encore sous estimé. Tous les discours insistent sur les « restrictions », les « diminutions » et tendent à nous culpabiliser à chaque fois que l’on consomme, ou que l’on utilise les ressources de la planète. Mais on peut continuer à consommer en changeant nos habitudes, par exemple en commandant sur Internet, tout en économisant nos ressources. Même Claude Allègre, un grand scientifique, qui s'exprimait récemment dans Le Figaro sur le thème du réchauffement climatique, passe sous silence l'impace majeur des nouvelles techniques sur le développement durable.

Notre politique fiscale favorise-t-elle le développement durable?

Sorcier Pas un jour ne passe sans que des propositions fiscales s’accumulent sur les épaules déjà bien chargées des français…Chacun y va de sa proposition miracle. Nos candidats jouent aux apprentis sorciers.

- Ne pas reformer l’ISF mais peut être admettre un abattement pour la résidence principale (Sarkozy), modifier l’assiette (plus large) et réduire les taux (Bayrou), empêcher que l’ISF ne pousse des chefs d’entreprise à vendre leur entreprise (Hollande)

- Fusionner CSG et impôts sur les revenus (Hollande)

- Créer une CSG-Retraite (Hollande)

- Décourager les Stocks Option (Hollande)

- Remettre en cause les réductions des tranches de barème sur les hauts revenus (Hollande)

- Lutter contre les salaires mirifiques, les primes disproportionnées, les parachutes dorés, punir les patrons voyous (Sarkozy)

- Prélèvement à la source (sans réforme de l’assiette ni des déductions) : Villepin et Hollande

Mais l’impôt est une question sérieuse qui mérite de s’inscrire dans une vraie stratégie économique. Force est de constater qu’aucun des candidat(e)s n’a de stratégie économique. On butine à gauche pour séduire l’électorat (dénoncer les riches, les patrons voyous), on fustige au passage l’euro fort qui nuit à l’emploi (seule la France se plaint du niveau de l’euro par rapport aux grandes monnaies en Europe), on parle de réformer l’ISF qui fait fuir les riches mais personne n’ose aborder en totalité la question de la fiscalité abusive du patrimoine en France, taxé à plusieurs reprises…Cette approche conjoncturelle de la fiscalité renforce le sentiment d’instabilité et d’injustice que ressentent les contribuables. Ne pourrait-on pas planifier la fiscalité à long terme ? Décider qu’il faut simplifier l’impôt pour le rendre plus juste et acceptable par tout le monde ?

Nos dirigeants n’ont qu’une très faible culture économique et se laissent influencer par quelques penseurs, tels Henri Guaino, qui est devenu une des plumes de Nicolas Sarkozy. Henri Guaino, ancien commissaire au plan de Jacques Chirac, co-inventeur de la « fracture sociale », fier d’être labellisé économiste anti-libéral, et de défendre un état super-interventioniste contre la loi du marché. Il écrit des discours de gauche pour le candidat de la droite. Quel triste mélange des genres ! Nous sommes loin des théories beaucoup plus pertinentes de l'économiste Nicolas Baverez, un des représentants principaux du déclinisme, dénonçant à travers la métaphore du déclin français, l'intervention de l'Etat, et la protection sociale dont l'immobilisme provoquerait une inadaptation au contexte actuel d'ouverture des frontières, et consituerait un handicap pour son développement, face à l'essor rapide de nouveaux acteurs dynamiques qui profiteraient de la nouvelle vague de croissance mondiale, à la différence de la France, et plus largement de l'Europe...Voir son interview récente chez Loic Le Meur.

Comment faire revenir des personnes fortunées sur notre territoire?

Johnny Un petit billet sur la polémique déclanchée par le départ de notre star nationale Johnny Hallyday en Suisse, parce qu’il en a assez de payer trop d’impôts…

Il semble que la France ne réussisse pas à conserver ses ressortissants fortunés. Après les produits de luxe, les parfums, les airbus, les TGV, les centrales atomiques, …nous occupons un positionneemnt original dans un monde de compétition fiscale. En effet, tous ces grands sportifs, ces géants du show biz, ces grands patrons, ces hommes d’affaires , nous les laissons partir en Suisse, au Luxembourg, en Belgique…Ceci à la plus grandes satisfaction des pays d’accueil qui se frottent les mains et accueillent à bras ouvert la manne financière de ses immigrés d’un nouveau genre. La France réussit quand même le tour de force de laisser entrer sur son territoire sans trop de difficultés des dizaines de milliers de personnes sans qualification, et à faire sortir des dizaines de personnes pleines de talents et d’argent. Pourquoi ne pas créer une Haute Autorité ou une Agence, non pas des investissements étrangers en France, mais du rapatriement des Fortunes en France, avec à la clé :

Un interlocuteur fiscal unique, une négociation sur le niveau de taxation optimal, une garantie de non changement de leur environnement fiscal…Pourquoi pas ? Nous investissons des millions pour séduire les entreprises étrangères et capter les emplois qu’elles créent, et nous laissons partir cette clientèle naturellement francophone et qui ne rêve sans doute que d’une chose, de profiter de notre beau pays ? Dans la compétition mondiale, nous avons de magnifiques atouts pour attirer et retenir les personnes fortunées : des hôtels de grand luxe, des magasins parmi les plus beaux du monde, des paysages somptueux, des demeures princières, des activités culturelles…mais que peut-on bien trouver au Luxembourg ou en Suisse, si ce n’est la tranquillité fiscale ? Allons un peu d’imagination, le sens du marketing…et nous deviendrons bientôt le premier pays d'accueil des personnes les plus fortunées.

 

Bernard Corneau

Ségolène Royal est-elle compatible développement durable?

Sego Ségolène Royal au banc d'essai du développement durable.
Sa prise de position sur une abrogation de la carte scolaire nous semble aller dans la bonne direction. Tout d'abord, il est judicieux de remettre en cause un réglement qui a été adopté en 1963 par un ministre du Général de Gaulle, dans un contexte socio-économique totalement différent de celui de la France actuelle. Nos hommes et femmes politiques sont-ils si conservateurs, pour s'accrocher si fort à cette vieille lune de la mixité sociale imposée? Personne n'est dupe: les parents font des contorsions innombrables pour contourner cette règle stalinienne, les enseignants sont les premiers à pistonner leur progéniture afin que celle-ci échappe à ce carcan...bref une fois de plus, un vieux réglement empoisonne la vie de tout le monde, mais le "politiquement correct" empêche de le changer.
Supprimer cette carte scolaire revient à mettre plus de concurrence dans l'offre éducative. En effet, un "mauvais" lycée va être forcé de s'améliorer pour attirer des élèves. Il drainera finalement plus d'élèves dans son quartier, ce qui réduira à terme les déplacements multiples, et optimisera le temps et l'argent de tout le monde. Cela conduira l'éducation nationale à laisser plus d'autonomie aux établissements donc permettra une meilleure gestion. Ici encore la société dans son ensemble sera gagnante. Encourageons-donc nos candidats phares, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy à poursuivre dans cette  voie courageuse, et à lutter contre le conservatisme désuet.

Retrouvez les interviews de Thomas Blard, Edouard Balladur, Marc Touati, Didier Lombard

Grâce à ces interviews nous devrions avoir une meilleure idée de la manière dont les dirigeants économiques et politiques de njotre pays intégrent la préoccupation "développement durable" dans leurs discours et leurs actions...à suivre avec Thomas Blard

Gouvernance et développement durable à la RATP

Parachute Le gouvernement français spécialiste du parachutage. J’ai été surpris par le changement de dirigeants à la tête de quelques uns des plus grands groupes français nationalisés. Anne-Marie Idrac, jusque-là présidente de la RATP, devient Présidente de la SNCF. A la RATP, cette dernière sera remplacée par Pierre Mongin, jusqu'à présent directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, dont il est un ancien camarade de promotion à l'ENA.

Le préfet Mongin, qui était déjà directeur de cabinet de M. de Villepin au ministère de l'Intérieur, n'avait pas jusqu'alors d'expérience dans le domaine des transports.
Autant on peut saluer l’arrivée d’Anne-Marie Idrac comme une « promotion » après 4 années à la RATP où elle a fait preuve de talents de chef d’entreprise, autant on peut se poser la question de l’expérience de Pierre Mongin. Pourquoi une entreprise privée investirait des années sur du personnel hautement qualifié, afin de se constituer un vivier de dirigeants potentiels, qui accèderont ensuite au poste suprême après avoir fait la preuve de leurs talents de managers à tous les niveaux de l’entreprise…et pourquoi est-il si facile d’être parachuté à la tête de la RATP.

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Fonds éthiques ou Investissement Socialement Responsable

Images6Les fonds éthiques sont des produits financiers apparus pour la première fois aux Etats-Unis en 1928 sous la pression religieuse. Il s’agissait alors d’exclure les sociétés faisant partie de secteurs moralement prohibés : comme ceux de l’alcool, des armes, le jeu, le sexe... C’était donc un moyen de suivre un idéal moral au travers de l’investissement en bourse. Aujourd’hui ces fonds ont beaucoup évolué. Un "investissement durable" ou "éthique" s’effectue sur la base de critères humains, environnementaux, sociaux. De plus, la logique d’exclusion qui prévalait à leurs débuts a été remplacée par une philosophie de sélection définie en 5 domaines : L’environnement : il s’agit du respect des normes environnementales, de la réduction de la consommation d’énergie ou de l’évolution positive des techniques de production. Les relations salariés : ce sont les normes au sein de l’entreprise qui favorisent l’épanouissement des salariés, l’amélioration du cadre de travail, la présence de syndicats ou la communication hiérarchique. Le gouvernement d’entreprise : l’entreprise doit savoir gérer les rapports de force et permettre un partage optimal du pouvoir. La capacité de décider ne doit pas trouver entre les mains d’une seule personne. Les relations avec les partenaires extérieurs : ces partenaires sont essentiellement les actionnaires, les clients et les fournisseurs. Les critères sont la qualité du service fourni, la relation entretenue avec les fournisseurs ou la communication vers les actionnaires. Insertion dans la société civile : de nos jours, les entreprises peuvent mobiliser autour d’elles des capacités financières ou des moyens de communication importants. Ainsi, il leur est demandé d’utiliser leurs capacités afin de lutter contre les différents problèmes de société en soutenant les causes les plus justes. Le critère financier n’est évidemment pas absent de la sélection, et le plus souvent les gérants mettent en avant la performance réalisée : l’objectif est de battre le marché, mais sur du long terme. Des études démontrent le lien positif entre les investissements réalisés pour l’amélioration des normes environnementales par une entreprise et ses résultats financiers accrus par l’efficience du processus de productivité (diminution de la consommation d’énergie ou de matière première...) Il faut enfin noter qu’aux Etats-Unis, ces fonds battent régulièrement l’indice S&P 500. Un fonds éthique part du principe que la croissance économique n’offre des perspectives à long terme que si elle ne se fait pas aux dépens de l’homme ou de l’environnement.

Qui évalue les entreprises sur leurs comportements éthiques ? Dans chaque pays, des agences de notation spécialisées notent les entreprises sur leur comportement social et environnemental. En France, depuis 1997, l'agence Arese (filiale de la Caisse des dépôts et de la Caisse d'Epargne) examine 350 entreprises dont les 160 plus importantes entreprises françaises cotées en bourse (celles du CAC 40 ou du SBF 120). Ses analystes procèdent à des enquêtes sur le terrain, étudient les rapports, bilans annuels, etc. Au final, ils attribuent une note révélatrice du comportement éthique de l'entreprise. Arese est également membre et co-fondatrice du SIRI Group (Sustainable Investment Research International Group), un réseau international de collecte et de traitement d'informations sociales et environnementales sur les entreprises. C'est aujourd'hui un marché en pleine expansion : aux États-Unis, un dollar sur dix est investi en fond éthique : soit  plus de 1.800 milliards de dollars. Les fonds éthiques investissent dans des entreprises qui respectent l'environnement et les droits des travailleurs et rejètent principalement l'industrie militaire, le nucléaire, les manufacturiers de tabac ou d'alcool. Pour en savoir plus, consulter Novethic

Peut-on dégager une performance boursière avec l'ISR? La banque Dexia paraît convaincue de la chose. L'établissement franco-belge affirmait récemment que «les études menées en interne concluent que les performances de la gestion durable sont équivalentes, voire supérieures à celles de la gestion traditionnelle».
Voir également sur le sujet Initiatives Durables et Respnsables

Care et les entreprises : ensemble contre la pauvreté

Qq_mots1_1 Care est une des ONG les plus actives et les mieux organisées au monde, avec une structure très décentralisée ce qui lui permet de coller au mieux des besoins des pays qui en ont besoin. Care a depuis longtemps compris que le problème du développement n’est pas uniquement de donner dans l’urgence, mais qu’une aide véritable nécessite une approche « holistique », c'est-à-dire multi-disciplinaire. C’est pourquoi Car est engagée dans des programme de formation, car sans éducation, pas de développement, ans des programmes de micro-crédit, car sans argent, pas d’activité, dans des programmes de santé…Quelques exemples concrets d’intervention de long terme : permettre un meilleur accès aux ressources en eau en Palestine, Care soutient les enfants roumains abandonnés, sans parler de l’engagement de Care en Asie du Sud Est, au Pakistan…

Care France en quelques chiffres :
• Création en 1983
• Un budget annuel d’environ 15 millions d’euros
• 20 collaborateurs au siège
• 20 français expatriés sur le terrain
• 130 000 foyers en France soutiennent l'action
  de Care France
• En moyenne, 80 % des ressources sont employées sur le terrain

Les grandes entreprises soutiennent activement Care dans le monde, par exemple Sanofi-Aventis, ClubMed, Lego, Air France…

Rejoignez-les !

Un exemple d'action sur le terrain

Bio carburants: la France à la traine

Images3La France est très en retard sur le plan des bio-carburants. Pourtant elle est très engagée dans la lutte pour la réduction de gaz carbonique dans l'atmosphère. Les spécialistes estiment la réduction d'émission à 80/90%. Comment expliquer ce paradoxe?

Das pays comme le Brésil et les Etats-Unis (pour une fois...) ont montré la voie. Au Brésil, près de 25% de l'essence utilisée est...de l'huile végétale, de l'alcool issu de la canne à sucre.... C'est possible sans modification, ou avec de faibles modifications du moteur. Malheureusement, l’huile brute n’est pas autorisée en droit français, pour être utilisée comme bio-carburant. Un projet de loi d’orientation, prévoyant la possibilité d’utiliser les huiles végétales en autoconsommation comme carburant agricole, dans les exploitations sur lesquelles elle aura été produite, à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2007, va être soumis au parlement. Quant à l'ethanol,il est mélangé en petite quantié à l'essence.Images2_1
Notre agriculture est tout à fait prête à fournir les quantités d'huile ou d'alcool nécessaire. Est-ce que nous ne sommes pas submergés par les excédents de vins ou de sucre que l'on doit déjà distiller et payer aux agriculteurs? Cela réduirait d'autant notre facture de pétrole qui connait une hausse vertigineuse.
L'inaction de notre gouvernement est d'autant plus frappante que les agriculteurs sont protégés, bichonnés de toute déstabilisation venue de Bruxelles ou de l'OMC.
Les consommateurs doivent se saisir du sujet et intervenir auprès des hommes politiques pour faire bouger les décideurs. Si nous ne faisons rien, nous serons confrontés à des choix douloureux: payer le pétrole 120 dollars le baril, ou faire de la bicyclette!
Voir l'article très documenté sur le site Quotidien durable.

Economies d’énergie aux Etats Unis : tout arrive

Images2George Bush se convertit aux Economies d’Energie ! Confronté à la hausse vertigineuse du prix du pétrole (+ 47% en un an pour l’essence), même la super-puissance qui est bâtie sur le concept du tout pétrole peu coûteux est obligée de se préoccuper d’économies d’énergie. Le secrétaire d’Etat à l’énergie Samuel Bodman a donné à ses concitoyens une liste de recommandations pour économiser l’énergie (voir le communiqué de presse du gouvernement). Parmi les conseils, notons la suggestion d’éteindre l’électricité quand on quitte une pièce (20% de l’électricité consommée à la maison), de diminuer ses déplacements en voiture et de prendre les transports en commun…bref, on croirait entendre notre Maire de Paris, occupé à réduire l’espace dédié aux voitures ! Il était temps : les dépenses d’énergie aux Etats Unis en 2005 vont se chiffrer à 1,08 trillions de dollars, soit plus de 1000 milliards de dollars, soit +25% par rapport à 2004 Notons que les américains réagissent fassent à cette situation inédite : les ventes de SUV , ces gros 4x4 gourmand en essence, ont diminuée de 40% en septembre 2005 par rapport à septembre 2005. Faut-il croire à un changement profond de mentalité américaine, face à l’énergie et à la nécessité d’en dépenser (un peu) moins ? Non, car dans le même temps, l’administration Bush encourage la construction de nouvelles raffineries. Faisons confiance au pragmatisme américain : le jour où l’économie sera véritablement menacée de ralentissement, de nouvelles technologies verront le jour pour diminuer la consommation d’énergie. Nous n’en somme pas encore là. Voir aussi le site de planetark qui donne des conseils pratiques pour diminuer notre impact sur l'environnement.Images1_1

Comment gagner de l’argent avec les émissions de dioxyde de carbone ?

Images1Voilà un exemple de création de valeur par le développement durable : la mise en application du protocole de Kyoto sur la réduction de l’émission de gaz à effet de serre s’accompagne de l’attribution de « permis de polluer » aux principaux site industriels européens (12.000 au total et 2,2 milliards de CO2 attribués). La « ruse » est que les industriels n’ont reçu en « permis de polluer » que 90% de leur production moyenne de CO2. Ils ont deux options : 1/ réduire leur émission de CO2 de 10%, auquel cas leur émission et leur permis de polluer sont équivalents, ou 2/ acheter des permis de polluer supplémentaire sur le marché. Une bourse a été créée pour traiter les échanges de permis, Powernext Carbon.Les échanges sur le carbone depuis début 2005 ont déjà représenté 43 millions de tonnes de CO2. La tonne se traite aux environs de 30 euros. On peut prévoir une forte croissance de ce marché, au fur et à mesure que les dispositifs prévus dans le protocole de Kyoto s’appliqueront de manière plus sévère. Alors, cyniques les capitalistes ? Oui, mais en même temps, on récompense ainsi les industriels les plus vertueux, c’est à dire ceux qui réduisent leurs émissions, en leur faisant gagner de l’argent. Quand aux autres ils doivent innover en permanence afin de réduire leurs émissions, ce qui est favorable à la création de valeur. Par exemple Group'Action CO2, sous la houlette d'EDF, dispose d'un budget de 100 millions d'euros pour y travailler. Dans ce mécanisme, tout le monde est gagnant, l’environnement comme les industriels et la communauté au sens large.

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