Pas un jour ne passe sans que des propositions fiscales s’accumulent sur les épaules déjà bien chargées des français…Chacun y va de sa proposition miracle. Nos candidats jouent aux apprentis sorciers.
- Ne pas reformer l’ISF mais peut être admettre un abattement pour la résidence principale (Sarkozy), modifier l’assiette (plus large) et réduire les taux (Bayrou), empêcher que l’ISF ne pousse des chefs d’entreprise à vendre leur entreprise (Hollande)
- Fusionner CSG et impôts sur les revenus (Hollande)
- Créer une CSG-Retraite (Hollande)
- Décourager les Stocks Option (Hollande)
- Remettre en cause les réductions des tranches de barème sur les hauts revenus (Hollande)
- Lutter contre les salaires mirifiques, les primes disproportionnées, les parachutes dorés, punir les patrons voyous (Sarkozy)
- Prélèvement à la source (sans réforme de l’assiette ni des déductions) : Villepin et Hollande
Mais l’impôt est une question sérieuse qui mérite de s’inscrire dans une vraie stratégie économique. Force est de constater qu’aucun des candidat(e)s n’a de stratégie économique. On butine à gauche pour séduire l’électorat (dénoncer les riches, les patrons voyous), on fustige au passage l’euro fort qui nuit à l’emploi (seule la France se plaint du niveau de l’euro par rapport aux grandes monnaies en Europe), on parle de réformer l’ISF qui fait fuir les riches mais personne n’ose aborder en totalité la question de la fiscalité abusive du patrimoine en France, taxé à plusieurs reprises…Cette approche conjoncturelle de la fiscalité renforce le sentiment d’instabilité et d’injustice que ressentent les contribuables. Ne pourrait-on pas planifier la fiscalité à long terme ? Décider qu’il faut simplifier l’impôt pour le rendre plus juste et acceptable par tout le monde ?
Nos dirigeants n’ont qu’une très faible culture économique et se laissent influencer par quelques penseurs, tels Henri Guaino, qui est devenu une des plumes de Nicolas Sarkozy. Henri Guaino, ancien commissaire au plan de Jacques Chirac, co-inventeur de la « fracture sociale », fier d’être labellisé économiste anti-libéral, et de défendre un état super-interventioniste contre la loi du marché. Il écrit des discours de gauche pour le candidat de la droite. Quel triste mélange des genres ! Nous sommes loin des théories beaucoup plus pertinentes de l'économiste Nicolas Baverez, un des représentants principaux du déclinisme, dénonçant à travers la métaphore du déclin français, l'intervention de l'Etat, et la protection sociale dont l'immobilisme provoquerait une inadaptation au contexte actuel d'ouverture des frontières, et consituerait un handicap pour son développement, face à l'essor rapide de nouveaux acteurs dynamiques qui profiteraient de la nouvelle vague de croissance mondiale, à la différence de la France, et plus largement de l'Europe...Voir son interview récente chez Loic Le Meur.

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