Notre candidate Ségolène Royal propose de nommer un Vice premier Ministre en charge du développement durable, si elle est élue Présidente. A quoi peut ressembler cet animal bizarre, dont la création est poussée par Nicolas Hulot, le non-candidat à l’élection qui essaye de peser sur les candidats en course ?
Il y aura donc un Premier Ministre, en charge du gouvernement, et un vice-premier Ministre à ses cotés. On peut supposer qu’il sera doté d’un staff d’une cinquantaine de personnes, et d’un budget de quelques dizaines de millions d’euros. Que pourra-t-il faire ? Influer sur les décisions des ministres, afin de les conduire à intégrer le développement durable dans leurs projets de loi ou dans leur Ministère. Cela paraît une tache difficile : chaque ministre est un baron dans son domaine et rejette les interventions extérieures, sauf si elles viennent de Bercy qui tient les cordons de la bourse.
Je pense que ce VPM va vite se concentrer sur des actions de communication externe afin de sensibiliser l’opinion, faire du lobbying auprès des instances internationales, participer à des congrès…bref servir de super VRP du développement durable. Certains comme Econologie.com sont très sceptiques sur le succès d'une telle démarche.
Ma conviction est que la réussite d’une démarche développement durable passe par une motivation directe des ministres, dans leur domaine, sous forme d’objectifs quantifiés à atteindre, sous le contrôle d’une autorité extérieure. Sinon, nous en resterons au stade du gadget luxueux et coûteux pour le contribuable. C’est une des spécialités de nos femmes et hommes politiques.
Bernard Corneau

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